enfants autochtones du Canada : pauvres parmi les pauvres

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Des chiffres accablants

Les enfants autochtones (et particulièrement ceux vivant dans les réserves) sont les plus pauvres de tous les enfants canadiens. 38% d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. Ce n’est pas loin cependant derrière les enfants de parents immigrants (32%) et les enfants des minorités visibles (22%).

Pour vous faire une idée, le taux moyen d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté au Canada est de 18%,

C’est une étude publiée hier par le Centre Canadien de Politique Alternative (CCPA), qui nous révèle cette triste réalité.

Les inégalités se creusent en fonction des provinces. Ainsi, c’est 76% des enfants des réserves manitobaines qui n’ont pas le minimum pour vivre, pour une moyenne de 60% dans tout le pays. Les trois quarts des enfants des premières nations vivant dans les réserves du Manitoba n’ont pas le nécessaire pour manger, se vêtir, étudier et se soigner.

Des carences dans tous les domaines

 

famille

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Les enfants autochtones sont en retard dans tous les domaines du mieux-être : le niveau de scolarité, le logement (ils vivent dans la promiscuité), les addictions, le taux de suicide des adolescents (5 à 8 fois supérieur à la moyenne nationale), les violences familiales, la mortalité infantile et la santé en général (difficultés importantes d’accès aux soins)…(source)

Des suicides d’enfants

Cette situation de grande misère amène l’inconcevable. Des enfants qui ne devraient se soucier que de s’amuser et d’avoir de bonnes notes à leur bulletin, sont si malheureux qu’ils ne supportent plus leur existence et décident de mourir.

Le 9 avril dernier, la Première nation d’Attawapiskat (dans le nord de l’Ontario) a décrété l’état d’urgence après les 28 tentatives de suicide du mois de mars de jeunes de moins de quinze ans (sur un total de 100  depuis septembre 2015).

Le gouvernement s’est empressé d’envoyer une équipe d’intervention faite de médecins et travailleurs sociaux mais il est évident que cela ne suffira pas à enrayer le phénomène car la racine de ce malheur est bien plus profonde.

C’est la relation qu’a le gouvernement du Canada avec les Premières Nations qu’il est temps d’interroger car la situation d’exclusion que vivent les communautés autochtones et qui les place dans des situations de désespérance extrême, est le résultat de politiques discriminatoires qui n’ont jamais cessé.

Les pensionnats autochtones ou le génocide culturel

Les pensionnats autochtones sont aujourd’hui le symbole de la politique canadienne à l’égard des Premiers Peuples.

Le 11 juin 2008, le Premier Ministre du Canada (à l’époque Stephen Harper) a présenté ses excuses aux communautés autochtones pour les sévices subis par leurs enfants dans les pensionnats où ils étaient enfermés pour tuer l’indien qui était en eux. ce processus d’assimilation forcée a duré 170 ans, de 1820 à 1996.

pensionnats

source : Transthéâtre

Plus de 150 000 enfants ont ainsi été arrachés à leurs parents afin d’être « blanchis », lavés de toute trace de leur culture, leur langue, leurs traditions.

Les pensionnats ont aussi été le lieux de sévices quotidiens. 3201 enfants y ont perdu la vie, faute de soins appropriés.

Battus, privés de nourriture, exposés au froid, les survivants des pensionnats se sont unis pour réclamer réparation. C’est ainsi qu’est née la Commission de vérité et Réconciliation qui a conclut, après 6 années d’investigation, que les pensionnats étaient au coeur d’un génocide culturel envers les Premières nations.

Les adoptions et l’assimilation forcée

 Entre 1960 et 1980, environ 20 000 enfants autochtones ont été arrachés à leurs familles pour être adoptés par des familles blanches canadiennes, américaines ou européennes.

adoptions

capture d’écran  LaPresse

Privés de tout lien avec leurs familles, les enfants du Sixties Scoop vivent encore aujourd’hui les conséquences désastreuses de la politique d’assimilation. Troubles psychologiques, addictions, certains ont même vécu des sévices physiques et sexuels dans leurs familles d’accueil.

deux Manitobains ont récemment déposé un recours collectif au nom de tous les Amérindiens et Métis raflés pour être replacés dans des familles blanches.

Ils réclament 50 millions $ en dommages-intérêts punitifs et 200 millions $ pour négligence et manquement à une obligation fiduciaire.

Mais il est des horreurs que l’argent ne rembourse pas…

Je pourrais continuer ainsi mon article en vous citant, encore et encore, toutes les injustices et les cruautés subies par les premiers peuples du Canada. Une chose est certaine, les chiffres publiés hier par le CCPA, aussi terribles qu’ils soient, ne sont pas une surprise. Les autochtones du Canada sont les personnes les plus pauvres du pays et leurs enfants sont et ont toujours été les premières victimes des politiques gouvernementales discriminatoires.

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9 réflexions sur “enfants autochtones du Canada : pauvres parmi les pauvres

  1. ça fait longtemps que j’ai envie d’écrire sur ce sujet mais je ne suis pas une experte et la question est très complexe et très touchy… Les autochtones n’apprécient pas qu’on prenne la parole à leur place et ils n’ont pas tort. Merci Mauricio!

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  2. Pingback: enfants autochtones du Canada : pauvres parmi les pauvres | gardez les yeux ouverts

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