Albinos, quand l’Afrique mange ses enfants

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photo : source

Au Burundi, au Mozambique, en Tanzanie, et particulièrement au Malawi, les personnes albinos sont chassées comme des animaux. Leurs organes, leur os, sont prélevés et servent d’ingrédients à des préparations magiques sensées apporter richesse et prospérité aux personnes qui les consomment. Leurs os contiendraient de l’or…

En avril dernier, Amnistie International rapporte que quatre personnes dont un bébé ont été massacrées au Malawi à des fins de sorcellerie. Les meurtres sont en  augmentation dans cette partie du monde et les autorités sont accusées de gravement manquer à leurs obligations de protection de tous les citoyens.

18 meurtres ont été recensés depuis 2014 dans ce pays mais il est probable que le nombre de personnes assassinées soit bien plus important car ces crimes ne sont pas systématiquement signalés ou consignés par la police.

Même morts, les albinos continuent d’être persécutés, leurs dépouilles profanées, leurs tombes violées…

Vivant dans une peur constante, les enfants sont déscolarisés,  séquestrés par leurs parents qui ne savent plus que faire pour les protéger. Dans de nombreux cas de violence et de meurtre, un membre de la famille proche avait été impliqué. Car le corps d’un albinos peut rapporter gros, jusqu’à 75 000 dollars en Tanzanie.

Parce que coucher avec une femme albinos guérirait du sida, les viols sont aussi largement pratiqués.

Quand elles ont de la chance, les victimes sont « simplement » amputées d’un membre, comme Remi Luchoma, femme tanzanienne de 30 ans, mère de quatre enfants et attaquée dans sa chambre en 2015, par des inconnus qui lui ont tout simplement coupé le bras avant de s’enfuir.

Comment continuer à vivre ainsi, chassé, terrorisé par ses voisins, sa famille…

Dans d’autres pays d’Afrique comme le Sénégal ou le Mali, les albinos sont également exclus de la société. Ne pouvant ni étudier ni travailler, ils arpentent les rues des grandes villes, brûlés par le soleil développant de multiples cancers, larges tâches noires sur leur peau si blanche. Ils tendent la main pour quelques pièces, pour survivre, malgré tout…

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photo : source

Salif Keita a créé une fondation en 2005 pour aider les albinos du Mali. Il a bâti une école et une clinique et distribue des tubes de crème solaire si chers en Afrique et pourtant si indispensables à la prévention des cancers de la peau.

Voici La Différence, chanson issue de l’album du même nom où Salif Keita chante pour les albinos :

Je suis un noir, ma peau est blanche
Et moi j’aime bien ça
C’est la différence qui est jolie
Je suis un blanc, mon sang est noir
Et moi j’adore ça
C’est la différence qui est jolie
Je voudrais que nous nous entendions dans l’amour
Que nous nous comprenions dans l’amour et dans la paix
La vie sera belle
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15 réflexions sur “Albinos, quand l’Afrique mange ses enfants

  1. Au Congo Brazzaville, les albinos ne sont pas persécutés de la sorte, mais subissent néanmoins une discrimination quant à la couleur de leur peau. Heureusement que le Chanteur Salif Keita (lui même albinos), a fait de la protection des albinos, l’autre combat de sa vie.

    Il y a aussi Thando Hopa, top-model sud-africaine, mais également avocate, qui milite pour cette cause. Et tout récemment Shaun Ross, mannequin-acteur américain atteint d’albinisme, qui défile pour les plus grands couturiers, porte aussi cette cause à cœur. Il y a d’autres exemples de personnes atteintes d’albinismes qui réussissent brillamment …

    Mais c’est vraiment qu’un goutte d’eau à coté des atrocités qu’ils subissent dans certains pays africains. C’est un travail de sensibilisation mondiale, qui pourrait venir à bout de tout ça. Si personne n’en parle et bien rien ne changera. Merci pour cet article certes dur, mais nécessaire 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Je vois que tu en sais beaucoup sur la condition des albinos… c’est vrai qu’en parler est la première des choses à faire, sensibiliser, éduquer. Mais une grande part de la responsabilité revient aux Etats qui ont en charge l’éducation et la protection des citoyens. Merci de ton commentaire éclairant!

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  2. Bravo j’aime tes articles sans concessions qui nous font voir la réalité en face. Je suis fan de Salif Keita, cet immense artiste et j’ai tout de suite pensé à lui en commençant ton article 😉 Malheureusement l’intolérance et l’ignorance n’ont pas de frontières. En parler, informer, encore et toujours. Bises.

    Aimé par 1 personne

  3. Un ami qui va régulièrement en Tanzanie m’avait déjà parlé de cette cruauté dans certains pays envers les personnes albinos. J’étais abasourdie. Et là, j’en ai eu les larmes aux yeux en lisant ton article jusqu’à la fin. D’une tristesse & d’une barbarie sans nom…
    Que pouvons-nous faire ? Et je ne pose pas la question en étant fataliste, c’est une vraie question. Je me demande, ce qu’à notre niveau, nous pouvons faire pour eux…

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