Ne nous appelez plus jamais Mulâtres

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Voici un article qui me tient particulièrement à coeur dans la mesure il me touche personnellement à travers ce que j’ai de plus cher au monde : mes enfants.

Depuis qu’elles sont au monde, il nous a paru très important, à leur père et moi, de leur parler de leur double culture, française et sénégalaise et par là-même de leur identité de métisses que nous voyons comme une richesse, une force.

Cependant, en arrivant au Québec, outre le fait que je suis tout à coup, aux yeux d’une majorité de Québécois, devenue la digne représentante de la Nation Française (avec tous ses stéréotypes) et que mon mari s’est transformé en Haïtien (la communauté noire la plus représentée à Montréal), mes enfants sont devenues des Mulâtresses…

Petit rappel historique : le terme « Mulâtre » date du temps de l’esclavage et désignait les enfants issus de l’union d’un maître blanc avec une esclave noire. « Mulâtre », « quarteron » ou « octavon », le statut social de ces « métis » était conditionné par le degré de parenté avec leur ancêtre noir, une classification basée sur le sang et la notion de pureté/impureté.

Pire encore, « mulâtre » vient du portugais et de l’espagnol (« mulato » et « mulo ») et signifiait « mulet ». En effet, les esclavagistes comparaient les enfants nés de leurs ébats avec des femmes noires, à ces animaux hybrides et stériles, croisement d’un âne et d’une jument :

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Dans l’esprit des Maîtres, les enfants « mulâtres » étaient un peu comme les mulets, des êtres issus de l’union de deux « races » voisines.

J’espère ne pas vous avoir ennuyé avec ce petit retour en arrière, que je juge indispensable à la bonne compréhension de mon indignation.

Mes enfants ne sont pas des « Mulâtresses » et leur seul point commun avec l’animal ci-dessus est leur entêtement (Têtues comme des mules!).

« Mulâtre » est un mot qui me hérisse le poil et j’apprends à mes enfants à corriger les personnes ignorantes qui l’utilisent encore (C’est un peu plus difficile lorsque ce sont des enseignants).

Encore un mot : l’esclavage a été aboli en 1834 au Canada, en 1848 en France et en 1865 aux États-Unis. Voilà 182 ans que le pays où j’ai choisi de vivre a décidé qu’aucun homme n’était le Maître d’un autre. Et pourtant, on continue d’utiliser ce terme d’une époque indigne où les noms des personnes noires ne s’inscrivaient que sur la liste d’inventaire patrimonial, au même titre que les animaux et les meubles.

Il y a quelques temps, nous nous sommes amusés à réaliser ce petit film : « Métisse ».  Une minute et trente-deux secondes d’explication (attention, la fin est inattendue!)

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Voilà, je vais encore passer pour une râleuse (ce qui va conforter mes compatriotes québécois dans l’idée qu’ils se font des Français en général), mais comme disait quelqu’un de très sensé (je crois que c’est Talleyrand) :

« Ça va mieux en le disant! »

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52 réflexions sur “Ne nous appelez plus jamais Mulâtres

  1. Elles sont belles tes filles et j’adore la video (les licornes qui mangent du sucre haha)
    Je suis moi aussi metisse, et je n’ai jamais entendu le terme mulatre (je n’ai jamais ete au Quebec). Je comprends tout a fait ton indignation par contre, ca me choque que les gens utilisent encore ce mot.
    J’ai aussi ete surprise qu’au Canada Metis est un terme bien specifique pour les enfants des autochtones / blancs…

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  2. Ah l’affreux terme mulâtre ! Moi aussi je ne peux pas le sentir. On l’a utilisé pour ma fille et quand j’ai fait remarquer que ça me dérangeait, j’ai eu droit au laïus de la maudite française qui croit maitriser la langue de Molière mieux que tout le monde et qui de surcroit crie au racisme alors que ça n’existe plus ici ! Je tiens à préciser que je n’avais absolument pas parlé de racisme hein, j’ai juste dit que je n’aimais pas le terme mulâtre auquel je préférais métisse ou noire pour designer mon enfant. Ici métisse c’est uniquement les personnes ayant des liens de parenté avec des personnes issues des premières nations qu’on m’a dit…

    PS : Tes filles sont magnifiques! 🙂

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    • Merci Madame Gaou! Eh oui, encore une fois, l’ignorance blesse. Au début, complexe de l’immigrant probablement, nous nous taisions. Aujourd’hui, nous informons en espérant qu’un jour ce terme insultant cesse d’être employé. C’est pas demain la veille, je sais…

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  3. C’est un terme que je n’ai jamais entendu dans mon microcosme pour parler des Métisses. Je connais ce mot parce que lectures, histoire, films, etc, donc je sais sa signification dégradante. Je pense que c’est quelque chose typique du Québec, certains termes anciens perdurent plus qu’en France parce qu’il y a moins de mélange des langages. Beaucoup pensent sans doute que le passé est bel est bien passé et/ou utilisent ce mot sans penser à mal, d’où la difficulté de faire comprendre. C’est vraiment un long travail de (ré)éducation pour faire comprendre à ceux qui utilisent encore ce genre de mots que ça reste blessant pour les personnes concernées.

    En tous cas, vos filles sont magnifiques !

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    • C’est vrai que ce terme, je ne l’ai entendu qu’au Québec… Ici, il est quasi institutionnalisé car même le système éducatif l’utilise. De plus, comme certains l’ont nommé, le terme Métis est exclusivement utilisé pour les personnes issues d’unions entre autochtones et occidentaux. Mais d’autres termes m’irritent aussi comme le mot « race », encore largement employé par tous, médias, écoles, politiques…

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      • C’est clair, si on pouvait déjà éliminer « race » du vocabulaire de tout le monde pour parler des différentes origines géographique, ce serait un grand pas pour l’humanité !

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  4. je ne savais pas que ce mot était encore utilisé ! il sent les romans classiques de la littérature française et pas du tout l’actuel. Dumas était quarteron et il m’avait fallu chercher pour comprendre
    mon boss, né en 1925 avait appelé une collègue « la négresse » il y a une 10aine d’années; normal pour lui totalement choquant pour moi (il l’a compris d’ailleurs)

    je suis métisse, maman du nord de la France, roux carotte blanche de peau, papa du nord de l Afrique, teint mat foncé et cheveux de jais
    le métissage n’est un plus que lorsqu’il n’est pas que physique, lorsqu’il est un pont. Sinon, ce n’est qu une teinte

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  5. Avec un collègue togolais on se rend en Martinique pour un petit festival sur les arts numériques. Un soir en testant nos installations une très belle jeune femme fait son apparition mon collègue et moi restons sidérés devant tant de charme. Alors on demande au gars d’à côte c’est qui cet bombe qui demande laquelle. Il demande au gars à cote qui répond: il parle de la mulâtre. C’est en ce moment qu’on a compris que se faire appeller africain n’était pas non plus un éloge.

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  6. Je suis martiniquais, et ce terme n’existe évidemment pas qu’au Québec ! Bien que ce soit précisé dans votre article et certains commentaires, juste pour rappel, c’est un mot d’origine espagnol qui existe sur tous les territoires où l’esclavage a sévi. Juste à côté de chez vous, et de chez moi, aux USA, ce terme est considéré comme hautement injurieux. Encore plus près de chez moi, à Haïti, c’est aussi le cas, mais pour des raisons d’avantage liées aux avantages sociaux dont ont toujours historiquement bénéficié les métisses dans la culture de plantation. Ils ont notamment été les seuls à être autorisés en politique ou à pouvoir louer des logements salubres, longtemps après l’abolition. C’est l’origine de l’appellation lapo chapé, ou « la peau sauvée », car éclaircir sa descendance assurait une vie meilleure que la sienne. Sans doute l’origine de beaucoup de comportements observables encore aujourd’hui, et pas qu’aux Antilles … Au Brésil, la mulata désigne vulgairement une danseuse de carnaval à la libido affichée. Maintenant, pour être clair sur les propos stupides que je lis régulièrement concernant la Martinique et les Antilles, il faut comprendre que le concept de négritude y a été développé par Aimé Césaire qui compte parmi les grands inspirateurs du mouvement des droits civiques aux USA, avec un autre martiniquais mondialement reconnu : le psychiatre Franz Fanon, co-fondateur du mouvement tiers-mondiste et dont les black panther se sont notamment inspirés du concept d’hospices qu’il était allé développer au moyen orient. Récupérer le terme « nègre » pour en faire un étendard et le scander à la face des oppresseurs a donc été un acte politique majeur, qui a secoué toute la société antillaise dont la réaction a été de récupérer et de parader fièrement au rythme des quolibets sous le poids desquels elle baissait pourtant la tête jusqu’alors. Prétendre que les martiniquais rejettent massivement leur africanité et leurs origines est une attaque perpétuelle à l’un des peuples clairement à l’origine de cette prise de conscience afro descendante du vingtième siècle, et témoigne d’une méconnaissance profonde de cette société ou de l’histoire de l’esclavage, qui, je le rappelle, s’est essentiellement déroulé chez nous et dans le sud des USA sous sa forme la plus violente. Et cette histoire est visible partout dans le décor qui nous entoure, croyez-moi, aucune chance qu’on l’oublie de si tôt … Aujourd’hui, ceux qui veulent se faire appeler mulâtre, nègre, chabin, couli, quarteron, octavon, capre, et j’en passe, le choisissent pour la plupart en connaissance de cause. Car l’origine de ces mots et leur utilisation est un débat plus que centenaire sous nos latitudes. Le terme nègre, Nèg en créole, est même devenu un titre dans une forme d’initiation locale rythmée par la pratique du danmyé – ou du bélè pour les touristes, comparable au terme Ras chez les rastas, ou Sensei dans les arts martiaux japonais. Beaucoup d’africains, en France et ailleurs, ont l’air d’avoir pour mission de cracher incessamment sur notre culture sans pourtant la connaître ni la comprendre. Pas même un peu. Ils font régulièrement la promotion du métissage, se blanchissent massivement la peau pour certains d’entre eux, mais continue à parler de l’aliénation antillaise. … Je suis très sincèrement pour le rapprochement des peuples et des cultures, quels qu’ils soient, mais je suis honnêtement tenté de montrer les dents quand l’ignorance s’affiche aussi complaisamment dans notre communauté, le plus souvent aux détriments des mêmes.

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    • Tous simplemnt , Merci pour la petite mise au point. Le rappel historique, qui recentre le débat concernant, le choc traumatique qu’a sucsite l’esclage sur nos sociétés antillaises et Caraïbes. Sans compter, nos deux figures emblématiques Frantz Fanon et Aimé Césaire. Oui merci pour le petit rappel à cette communauté africaine, qui souvent s’erige en procureur de la bonne conscience vis à vis des Antillais Francophone. Alors, qu’eux mêmes trimbalent encore aujourd’hui, le boulet de leur complexe de colonisés.
      Oui, merci Foss

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  7. Merci pour l’infos. Je viens du Quebec et j’ai maintes fois utilisé ce mot sans en connaitre la réelle signification. Sur le meme thème, je pense que certains chanteurs rap devraient arreter d’ultilser le mot N……dans leurs chansons. Prendre un mot aussi laid socialement en faire un mot  »cool » dépasse mon entemdement.

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  8. Tout à fait d’accord en ce qui concerne le mot mulâtre… inacceptable. Comme l’ont mentionné quelques antillais, ce n’est pas un fait du Québec mais ça se dit aussi dans les Caraïbes.. puisque la grande majorité de la population noire à Montréal est d’origine haïtienne, ce n’est pas étonnant qu’on utilise encore le terme.
    Petite suggestion: critiquez (avec raison) le racisme québécois tant que vous voulez, mais attention à vos propos condescendants et ignorants quant à notre vocabulaire en général.
    Cristallisé dans le temps? Non, mais vous vous rendez compte que la langue évolue différemment dans chaque pays, dans chaque continent? Si nous faisons une innovation linguistique que vous ne suivez pas c’est une « bâtardisation » de la langue, alors que si vous en faites une qu’on ne suit pas, on a un vocabulaire désuet, archaïque, cristallisé dans le temps. (En passant, un écrivain qui écrit secrètement pour le compte d’une autre, vous appelez ça comment? J’ai été outrée de voir ce terme plusieurs fois là dans la presse française, mais apparemment ça passe…)
    Pas mal tous les non-canadiens que je connais disent « Eskimo » au lieu d' »Inuit ». Ça ne fait pas d’eux des gens plus racistes que ça, ils ne le savent pas. J’ai l’habitude de leur dire « Eskimo en fait c’est une insulte qui veut dire mangeur de viande crue, on utilise le terme Inuit, c’est comme ça qu’ils s’identifient). Je vous conseille de simplement dire aux gens que ce mot là se réfère au mulet, une croisement entre une jument et un âne, que vous préférez le terme métis, et d’après la réaction des gens, vous allez voir ceux qui sont ouverts (ils sont gênés d’avoir utilisé un terme péjoratif, ils s’en excusent) des gens que vous ne voulez pas du tout côtoyer.

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    • Excellent et merci! Et oui l’ignorance dans le terme est certainement la cause….pas qu’on soit des ignorants ou racistes!!!
      L’indulgence envers les autres, que l’on soit noir ou blanc…..ça ça règlerait un paquet de problèmes si blanc comme noir ferait l’effort!!!

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    • Bonjour Rachelle, je parle de cristallisation de certains termes et non de cristallisation de la langue. Le québécois est, pour moi, devenu une langue à part entière, c’est-à-dire qu’il a évolué différemment du français de France, influencé, entre autres, par les apports anglophones. Je pourrais en dire aussi beaucoup sur les aberrations linguistiques de mes compatriotes mais là n’était pas le sujet et loin de moi l’idée de comparer nos deux cultures. Quant à la façon dont j’ai choisi de m’exprimer et, qui, je le conçois, peut choquer certaines personnes, sachez que c’est sciemment. En effet, la polémique porte plus haut les idées que la démagogie (mais c’est mon opinion 😉 Ceci dit, merci de votre intérêt pour cet article. A bientôt, j’espère.

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      • Mais quand vous parlez de cristallisation de termes, c’est en référence à votre pays. La majorité des termes utilisés il y a 400 ans le sont toujours (ici, en France, ou à travers la francophonie ), mais seuls nos termes qui sont « désuets » en France sont considérés comme cristallisés. Vous n’aviez pas de mauvaises intentions en disant ça mais ça n’empêche pas vos propos d’être eurocentriques, condescendants et tout simplement erronés.
        Piastre (merci! enfin un français a compris que piasse me veut pas dire pièce!) n’a aucun lien avec les anglicismes dont vous parler. D’ailleurs, en tant que québécois nous sommes très conscients de nos anglicismes, mais tout ça n’a aucun lien avec ni les termes ignorants au Québec ni la supposée cristallisation d’une partie de notre vocabulaire.
        Si vous considérez le québécois comme une langue à part entière c’est que:
        1. Vous n’avez pas compris le sens du terme langue, selon les critères linguistiques deux langues distinctes ne sont pas mutuellement intelligibles….On pourrait à la limite parler de dialectes… Dans tous les cas, le plus le registre monte, le moins on voit de différence.
        2. Nous avons ici une discussion bilingue. Est-ce que je m’adresse à vous en français ou en québécois?

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  9. Ah les mots… Certes, on identifie les gens maladroitement… Je crois qu’il n’y a pas de mauvaises intentions mais un désir de se positionner par rapport à l’Autre… On nous a malheureusement appris à interagir ainsi! Je nous souhaite de ne plus utiliser des mots pour nous différencier et que nos histoires d’ici et d’ailleurs puissent tout simplement témoigner de nos rencontres… et que l’essentiel de ce qui sera retenu soit nos rapprochements et surpasse notre étiquette sociale ! Ce qui semble parfois utopique mais il s’agit d’y croire!
    Me trouvant moi-même dans cette situation, je n’ai pas vécu de mauvaises expériences, peut-être suis-je chanceuse !!!

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  10. Au Canada le mot a un sens légal, provenant de la constitution même, alors ce sera difficile de commencer à utiliser les mots métis & Métis* pour les autres mélanges ethniques que ceux pour lesquels ils sont codifiés légalement. La constitution ça se change pas facilement ici.

    Mulâtre c’est dépassé et trop insultant pour être conservé.

    Eurafricain ? (Grande encyclopédie Larousse)
    Ou hybride, sang-mêlé, croisé, mâtiné, composite ?

    *Parce qu’il y a même une différence de désignation selon qu’on l’écrit avec la majuscule ou pas (!)
    http://encyclopediecanadienne.ca/fr/article/metis/

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  11. Pingback: Inspiring!!: "Never Call Us Mulattos" - A True Experience of A Double Culture!!! - How Africa

  12. Je comprends tout à fait ton point de vue, merci pour la précision.
    Je dois à mon tour préciser que, bien que je n’aie jamais réellement utilisé ce terme moi-même, je n’avais aucune idée de la portée historique de ce mot. Et je suis linguiste!
    Je suis convaincue que la majorité des gens n’ont simplement aucune idée de sa connotation raciste, et pensent qu’il sert simplement à distinguer une personne issue d’une union entre une personne « blanche » et une « noire ».
    Je l’ai souvent entendu, mais jamais, au grand jamais avec mépris.
    Bien honnêtement, je ne connais personne de raciste dans mon entourage (j’ai de la chance, je suis bien entourée) et qui cherchait sciemment à blesser quelqu’un de cette façon.

    Bref, continue d’éduquer les gens sur le sujet, mais s’il te plaît, ne le prend surtout pas personnel si quelqu’un utilise ce mot maladroitement! 🙂

    Sur ce, bonne journée! 🙂 xx

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  13. En 2016, un mulâtre c’est un mix noir et blanc et c’est la définition que tout le monde connait… Et vous vous nous dites que ce n’est pas la définition au temps de l’esclavage. Qu’est ce que j’en ai a foutre de la définition du temps de l’esclavage. J’ai moi-même deux enfants mulâtre, bi-raciaux, métisses, mixtes, appelez les comme vous voulez. Mais arrêtez de vous casser la tête a retourner 200 ans derrière pour trouver la petite bête… Le monde évolue! Évoluez avec lui!

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  14. À la défense des Québécois, s’est « chargé » quand on connait l’histoire du mot. J’ai 31 ans et aujourd’hui je viens d’apprendre la différence entre mulâtre et métis. Pour nous, en 2016, si on ne s’est jamais fait expliqué le sens du mot, ça n’a pas de conotation particulière. Patience et tolérence, d’un coté comme de l’autre. Merci pour la tranche d’histoire, et un mot de vocabulaire qui a changé de définition et ne sera plus utilisé de la même façon (loin de moi l’idée de banir les mots!). Merci!

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  15. La chose est qu’il n’y a pas eu autant d’esclaves noirs au Canada qu’aux É-U A ou qu’en France, or, les gens utilisent des mots hors contexte sans même comprendre leurs connotations, ni savoir leur étymologie. Vous faites bien d’en parler, car la majorité d’entre eux ne veulent pas être vexant, ils croient simplement que c’est le terme exact (ce qui est faux). Au Canada, le terme Métis est tellement utilisé pour parler des enfants issus de l’union d’un descendant européen et d’un membre des Premières Nations / inuit que les gens croient que ce terme leur est réservé.

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  16. La définition du mot mulatre dans le dictionnaire petit Larousse se dis d’un enfant né entre une personne blanche,et d’une autre personne,noire.Beaucoup de dictionnaire le désigne ainsi.Alors,je me dis que,si les dictionnaires ne veulent pas transporter l’histoire et décrivent le mot d’une facon nouvelle,il ne faudrais pas trop que l’on se choque quand on l’entend.Les gens qui l’utilisent ne le ferons pas nécessairement dans un but diminutif.C’est donc dans la tolérance de part et d’autres que nous pourrons s’élever et s’instruire.Je ne me choque pas en entendant mulatre,mais quand j’entend negre,oui.Je hais ce mot parce que nous l,entendons souvent dans un contexte violent.Mais pas mulatre.Je me demande meme,a la rigueur,si le mot ne se transformerais pas en sens avec le cours de l’histoire…qu’il ne prendrais pas un tout autre sens qu’avant,si justement nous ne rapporterions pas le sens d’antan…Avec l’évolution,ce qui était avant n’est plus aujourd’hui….Je suis divisée sur la question.Sachez que je dis cela en mon coeur qui sais que nous sommes tous égaux 🙂 Je laisse en fin de message la définition directement prise du dictionnaire petit Larousse,donc plusieurs dictionnaires différents ont la meme….Alors….qui est dans le tort? Le peuple qui prononce ce mot avec ce type de définition en tete ou les nombreux dictionnaires qui en font cette définition?
    Définition petit Larousse:Né d’un Blanc et d’une Noire, ou d’un Noir et d’une Blanche.

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  17. desoler,ce mots nous est apprit etant jeune et pour nous ca veut selement dire que sest un enfant issue dun noir et une blanche ou vice versa. je vais me coucher moin niaiseuse ce soir . je trouve tes enfants magnifique, jai toujours trouver tres jolie ou joli les metisses, sur ce je respecte ton opinion et va changer mon dictionnaire 😉 xxx bonne soiree

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  18. Au Canada, le terme « métis, métisse » est une identité propre aux communauté autochtone du Manitoba. Le peuple Métis est reconnu par la constitution Canadienne. Je suis à peu près certain que vous ne pouvez pas utilisez ce terme pour vous définir.

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  19. Bonjour,
    Blog très interessant ;))
    Je suis moi-même maman d’un grand garçon Métis, cela ne nous est jamais arrivé en France, mais par contre, c’est très courant en Italie, où nous avons longuement vécu, le mot « Mullatto » est très utilisé labas.

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  20. Je me considère comme une québécoise éduquée, issue aussi de 2 bagages culturels très différents, bien que ma peau soit blanche… Vous venez de m’appendre quelque chose d’important dont je me souviendrai. J’ai associé notre mot « mulâtre » à votre mot « métisse » sans questionner l’histoire globale du terme, au point de dire de mon neveu métisse qu’il était un magnifique mulâtre, avec tout l’amour inconditionnel d’une tante qui a entendu ce mot seulement dans le contexte de « métisse ». Alors j’espère que vous saurez faire aussi preuve d’indulgence envers mes pauvres compatriotes et moi-même, qui ne connaissons pas la charge historique du mot, je ne crois pas qu’il soit ici teinté de tout ce qu’il comporte à vos oreilles, alors je plaide pour la souplesse, tout en souhaitant continuer à m’instruire. Merci pour ça, je n’utiliserai plus jamais ce mot grâce à votre partage, mais c’est vrai qu’ici métisse est historiquement chargé d’un autre sens, c’est-à-dire amérindien et français.

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  21. Bonjour, bien intéressant tout cela. Comme la plupart des québécois, je ne connaissais pas cette connotation péjorative (et par le fait même l’origine) du mot mulâtre. Je suis désolée de mon ignorance. Après la lecture de votre article, mon premier réflexe a été d’aller sur le site http://www.granddictionnaire.com qui est fait par l’office québécois de la langue française et voici ce que l’on y trouve :

    mulâtre
    Domaine
    ethnologie
    Auteur: l’Office québécois de la langue française Office québécois de la langue française, 2015
    Définition
    Personne née d’un parent noir et d’un parent blanc.
    Termes jugés adéquats pour désigner le concept à l’intérieur d’un domaine spécialisé, conformes au système linguistique du français ou acceptables en vertu des politiques officielles de l’Office
    Terme privilégié
    mulâtre n. m. ou f.
    Termes parfois utilisés pour désigner le concept, mais qui peuvent comporter certaines nuances de sens ou relever d’un registre de langue particulier, ou dont l’emploi est réservé à certaines situations de communication
    Terme utilisé dans certains contextes
    mulâtresse n. f.
    vieilli
    Le terme féminin mulâtresse est généralement chargé d’une connotation péjorative.
    Anglais
    Auteur: l’Office québécois de la langue française Office québécois de la langue française, 2015
    Terme
    mulatto
    Mulatto est souvent péjoratif.

    Alors voici ma suggestion afin d’aider ton «combat» d’éduquer le Québec : écrire à l’Office québécois de la langue française! Ils pourraient donc améliorer leurs fiches qui servent souvent de référence. À force de semer, on finit par récolter. Bonne chance! En passant, vos enfants sont magnifiques! 🙂

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  22. Pour ma part je voudrais vous dire que vos filles sont très jolies, j’aimerais ajouter qu’il ne faut pas généralisé en disant les québécois pensent ….. car il y a des personne comme moi qui ne font pas de discrimination face aux français en plus j’ai beaucoup d’amis(es) du coté français,donc ne pas tomber dans le sens inverse en généralisant la population québécoises, des personnes ignorantes il y en a partout dans le monde malheureusement lol

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  23. Merci à ceux qui m’ont fait parvenir ce lien, merci pour ce petit cour d’histoire je suis d’origine haïtienne bien que passionnée par l’histoire de mes ancêtres, je ne connaissais pas l’historique du mot  »Mulâtre » il faut dire avant 1804 le peuple haïtien vivait dans l’ignorance, après 1804 à aujourd’hui les dictateurs haïtiens aidé d’anciens colons se font un devoir de nous gardé encore plus dans l’ignorance se contentant de dire: BonDieu bon ou si Dieu est pour moi qui sera contre moi. « Aux Risques de passer pour une chialeuse », Bonne nuit!!!

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  24. «À Rome, on fait comme les Romains».
    Comme certains l’ont précisé, le terme «mulâtre» n’a aucune connotation négative au Québec. Il sert simplement à désigner une personne métissée, née d’un parent au teint plutôt foncé et d’un parent plutôt blanc. On l’utilise aussi bien au féminin qu’au masculin. Par contre, le terme «mulâtresse» est un archaïsme qui se cantonne à la langue écrite. Quant au terme «Métis», avec la majuscule, il identifie un groupe particulier d’habitants du Canada (Manitoba). Le mot métis est utilisé dans la langue courante pour désigner une personne issue de parents ayant des teintes de peau ou des traits faciaux très différents, l’un d’eux étant typiquement «blanc».
    Rappelons simplement que les langues européennes ont évolué en Amérique depuis 400 ans, qu’il s’agisse du français, de l’anglais, de l’espagnol ou du portugais. Le vocabulaire usuel n’est plus celui de La Rochelle, de Londres ou d’ailleurs. Rappelons aussi qu’il n’y a qu’une seule race humaine (Homo sapiens), peu importe la teinte particulière de notre peau.
    Bref, je souhaite vivement que vos filles se sentent bien dans leur peau, peu importe le terme que certains utiliseront en toute bonne foi pour les désigner. Il serait vraiment malheureux qu’elles soient incitées à considérer comme offensant un terme qui n’a plus le sens qu’il a déjà eu, même si ce sens peut exister encore ailleurs dans le monde.
    Elles peuvent être très fières de leurs origines et de leur qualité de Québécoises !

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  25. Pingback: « A Rome, on fait comme les Romains  | «Themetis

  26. Tes enfants sont magnifiques ! Oui ce terme me répugne ! Il est plus rarement utilisé en France par contre. Un jour je me suis pris un « espèce de sang mélangé ! » au Cameroun 😦 Pas très sympathique tout ça, mais bon je suis fière d’être métisse, aucune insulte ne m’atteindra !

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  30. Ce sont des mots que j’utilisais en effet sans me rendre compte de leur connotation, mais si j’avais réfléchi trois secondes cela m’aurait sauté aux yeux. Par contre je suis sorti avec un homme « quarteron » « blond, aux yeux verts et aux cheveux lisses » mais qui est fier de son métissage et tenait à ce que cela ne s’oublie pas (histoire et Histoire). Dire de lui « c’est un blanc » serait donc nier cette part de racine, quel serait la position à avoir ? (vraie question !)

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